Le tiroir se remplit. Un jour vous tenez un classeur d’examens, une pochette de radio qui ne rentre nulle part, et une pile d’ordonnances pour des traitements finis depuis trois ans. La question est toujours la même: est-ce qu’on peut jeter?
Ça dépend du papier. Certains ont une durée de vie courte, d’autres n’en ont aucune, et l’un d’eux est celui qu’on jette trop tôt.
Deux horloges tournent
La première appartient à l’établissement. La seconde est la vôtre, et personne ne vous dit qu’elle existe.
L’horloge de l’établissement. L’article R. 1112-7 du Code de la santé publique impose de conserver le dossier médical d’un établissement vingt ans à compter du dernier séjour ou de la dernière consultation externe. Si ce délai s’achève avant le 28e anniversaire, il est prolongé jusqu’à cette date. Le cabinet libéral n’est pas toujours soumis à la même règle écrite: si un dossier important s’approche d’une limite, demandez la copie maintenant.
Votre horloge. Aucune loi ne vous oblige, vous, à garder une copie. Ce qui existe, ce sont les conséquences pratiques de ne pas l’avoir: l’examen refait, l’historique reconstitué de mémoire, la déduction que vous ne pouvez pas justifier. Ce calcul fixe vos délais, pas un article de code.
Durée selon le document
Garder pour toujours
- Carnet de vaccination. Le document de santé qu’on vous demandera le plus souvent (école, voyage, travail, grossesse), et le plus dur à reconstituer. S’il n’existe qu’en papier, photographiez-le aujourd’hui.
- Comptes rendus opératoires et lettres de sortie. Ils décrivent ce qui a été fait sur votre corps. Rien d’autre ne les remplace.
- Carte d’implant (prothèse, stent, pacemaker, stérilet): modèle, lot, date. Un soignant futur en aura besoin.
- Comptes rendus qui servent de référence. En suivi, le professionnel demande l’ancien résultat pour le comparer au nouveau. Le vieux compte rendu vaut précisément parce qu’il est vieux.
- Diagnostics de maladie chronique et le rapport qui les a fondés.
Garder au moins trois ans
- Justificatifs de frais de santé déclarés. Le droit de reprise de l’administration fiscale sur l’impôt sur le revenu s’exerce en principe jusqu’à la fin de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l’impôt est dû. Trois ans est un plancher, pas un plafond. C’est le document qu’on jette trop tôt.
- Justificatifs de remboursement mutuelle et les accords de prise en charge qui ont généré une facture.
Garder tant que le sujet est vivant
- Ordonnances de traitement de fond, plus les anciennes, qui montrent comment la dose a changé.
- Bons d’examen, jusqu’à ce que le résultat arrive et soit lu en consultation.
- Comptes rendus ponctuels déjà lus et hors suivi: gardez le numérique, jetez le volume papier.
On peut jeter
- Pochettes de films, une fois le compte rendu conservé. Le film est la matière première, le texte est l’information. Sauf consigne contraire de votre soignant, c’est le texte qu’on relit plus tard.
- Devis, publicités de médicaments, doubles du même compte rendu.
- Reçus de consultations que vous n’avez pas déclarés et ne déclarerez pas.
L’ordonnance qui reste à la pharmacie
Certaines ordonnances, notamment de stupéfiants, restent au comptoir. Vous donnez le papier, il ne revient pas.
La seule preuve de la dose, de qui l’a prescrite et quand, quitte alors votre main à la caisse. Photographiez ou notez l’ordonnance avant de la donner. Le geste de dix secondes évite la phrase « je prenais un comprimé de quelque chose, je ne me souviens plus du nom » six mois plus tard, avec un autre professionnel. L’habitude complète est dans organiser les ordonnances de traitement continu.
Le papier vieillit plus vite qu’on ne croit
Un ticket thermique, le papier lisse et brillant du terminal de carte, s’efface tout seul. Un an dans un tiroir chaud suffit; certains deviennent un rectangle blanc. Le papier ordinaire jaunit, mais survit.
Une partie de votre archive a donc une date de péremption physique, indépendante de tout délai légal. Numériser n’est pas du maniaque: c’est ce qui empêche le justificatif que le fisc peut demander en année trois d’être une surface vide.
Un système qui marche un mardi matin
Un bon archive, c’est celui que vous utilisez dans la précipitation, pas celui qui fait joli sur l’étagère.
- Numérisez à l’arrivée du document, pas dans un grand ménage annuel. Le grand ménage n’arrive jamais.
- Nommez date, type, professionnel:
2026-03-12-nfs-dr-silva.pdf. La date en tête rend le tri alphabétique chronologique tout seul. - Séparez par personne. Si vous gérez plus d’un dossier, tout mélanger est l’erreur la plus chère au plus mauvais moment.
- Une ligne sur ce que l’examen cherchait. Dans trois ans, le chiffre seul ne dit rien.
- Rangez là où ça s’ouvre sans réseau. Cabinets en sous-sol et urgences sont exactement là où la couverture lâche.
Le papier qui survit à la numérisation tient dans un carton: la liste « pour toujours » plus quelques années de justificatifs fiscaux.
Comment FichaMed aide
L’app ne remplace pas le carton des documents « pour toujours ». C’est l’index que vous ouvrez un mardi matin, sans ouvrir un tiroir.
- Enregistrez la consultation le jour même, avec ce qui a été prescrit et demandé. Ça tue le grand ménage annuel qui n’arrive jamais.
- Photographiez l’ordonnance avant de la donner. Le geste de dix secondes de cet article, attaché à la bonne consultation.
- Un profil par personne si vous gardez des dossiers de plusieurs personnes. Les mélanger est l’erreur la plus chère.
- Une sauvegarde sur l’appareil, à exporter et ranger hors de l’app si vous voulez.
- Un PDF par spécialité quand vous devez montrer l’historique au soignant, au lieu de fouiller la galerie.
Et si l’établissement a encore des documents que vous n’avez pas, demandez une copie du dossier avant que l’horloge de vingt ans ne se ferme.
Ceci est un guide pratique d’organisation et de conservation de documents, pas un avis juridique, fiscal ou médical. Les délais peuvent varier selon le cas, et aucun document clinique ne doit être jeté contre l’avis du professionnel qui vous suit.